On peut prendre des coups et, malgré tout, garder le moral, conserver une certaine douceur de vivre. Exemple concret à Segonzac qui s'apprête à dire au revoir, à la fin de l'année, à sa trésorerie, pourtant installée dans une maison rénovée il y a quatre ans à peine. Mais la capitale de la Grande-Champagne est aussi la première ville de France à décrocher le label Cittaslow, un label international qui regroupe les villes où il fait bon vivre.

«Cela a été beaucoup plus rapide qu'on l'imaginait», admet, avec le sourire, Véronique Marendat, pas mécontente de rejoindre ce club international après un dépôt de candidature qui, visiblement, a séduit. Né en Italie en 1999, le label regroupe près de 70 villes italiennes, mais aussi deux en Australie, autant au Canada, une en Nouvelle-Zélande, quatre en Pologne, six en Corée du Sud ou en Espagne... Créé dans la foulée du mouvement «slow food», qui veut s'opposer au «fast food», Cittaslow, label frère, monte en puissance tranquillement. Mais sûrement. Les villes candidates doivent toutes répondre à un maximum de critères figurant dans une liste qui en compte soixante-dix. «Pour moi, c'est apparu comme une évidence. On était dedans. Et c'était aussi une façon de s'engager dans une démarche qualité», ajoute Véronique Marendat. Son adjointe, Colette Laurichez, a pris le dossier en main. C'est cette dernière qui, le 8 mai, est allée en Italie, en compagnie de Francine Forgeron, présidente de l'office de tourisme et Jean-Luc Montembault du Relais de Saint-Preuil. Ils ont pu se rendre compte de l'intérêt qu'il y avait à appartenir à un réseau.

«C'est un label touristique, mais je le vois aussi comme un label pour les Segonzacais», poursuit Véronique Marendat. Pour elle, le fait de bien vivre à Segonzac doit avant tout se sentir chez ses habitants. C'est à leur endroit que la communication sur ce nouveau label va débuter. C'est aussi pour eux que vont se poursuivre les chantiers entamés et que les dossiers en cours vont s'accélérer. C'est le cas du développement des «voies vertes», ces chemins, rues ou ruelles qui doivent d'abord profiter aux piétons, aux cyclistes, ou alors être limités à une circulation à sens unique.

Le parc, en cours d'aménagement mais qui sera ouvert le temps de la foire-exposition, est dans le même esprit. Tout comme l'aménagement du centre-bourg, dont la deuxième phase débutera le second semestre 2010. «J'ai des super-projets», lance dans un sourire Véronique Marendat, voulant ménager le suspense.



Véronique Marendat, maire: «Il y a plein de communes où il n'y a pas de trésorerie et où il fait bon vivre». Photo Ph. A - CHARENTE LIBRE / 17 mai 2010.