Le départ de Schneider, une mauvaise nouvelle pour notre territoire
Par Jérôme le mercredi 31 mars 2010, 16:26 - Côté Ville
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L’annonce de la fermeture du site de Merpins et de son transfert à l’Isle d’Espagnac n’est pas une bonne nouvelle pour les 206 salariés de Schneider, qui ont leur vie de famille chez nous, même si cette annonce s’accompagne, du moins pour le moment, d’assurances sur le maintien du nombre d’emplois.
Elle est aussi, et peut-être surtout, une mauvaise nouvelle pour notre territoire. On se rappelle les circonstances de l’implantation, à la fin des années 70, de la Télémécanique sur la zone industrielle de Merpins grâce aux nombreux efforts déployés par le député de l’époque, Francis Hardy, pour obtenir la venue sur notre agglomération d’une entreprise dont la ville d’implantation initialement prévue était Saintes. Depuis, cette entreprise est devenue l’un des fleurons de notre vie industrielle et un exemple réussi de diversification de l’activité économique sur notre territoire. Depuis son implantation en 1979, la Télémécanique devenue Schneider participe de l’attractivité de notre agglomération. Ce ne sont donc pas seulement 206 familles qui sont aujourd’hui touchées et qui, à terme, risquent de partir de chez nous, mais c’est aussi une image et un symbole qui sont atteints. La presse a noté la présence de Michel Gourinchas, maire et conseiller régional, lors du mouvement de protestation des salariés à Merpins. Nous souhaitons, pour notre part, rappeler que Michel Gourinchas est aussi le vice-président de la communauté de communes en charge du développement économique sur le territoire et nous étonner qu’à ce titre il n’ait su ni anticiper ni négocier en amont avec la direction les conditions d’une telle décision. Quand le maire de Cognac comprendra-t-il qu’il n’est plus un opposant sur son territoire mais que c’est de sa capacité et de son aptitude à promouvoir notre agglomération auprès des acteurs économiques que dépendent désormais le développement de celle-ci et l’avenir de ses emplois ?
Jérôme MOUHOT Maire honoraire de Cognac
Commentaires
Vous indiquez que le vice-président de la Cdc en charge de l'économie n'a pas anticipé ni négocié en amont avec Schneider... Mais tout le monde a appris la mauvaise nouvelle en même temps, le 30/03 dans la matinée... Aviez-vous de votre coté des informations en amont qui aurait permis d'anticiper quoique ce soit ? Si oui pourquoi ne pas avoir prévenu, sinon pourquoi parler d'anticipation ?
Monsieur Dorange,
Ce n'est pas une "information" ni une "nouvelle" qu'on doit anticiper mais un "risque". Cela fait des années que le risque de regroupement existe.
Je m'en étais moi-même entretenu à plusieurs reprises dans le passé avec les responsables de l'entreprise, qui m'avaient donné des assurances sur le court et le moyen termes. Mais personne alors ne pouvait prévoir la crise.
Depuis, les choses ont changé. Ce que je dis c'est qu'il fallait donc anticiper le risque en engageant le dialogue et en établissant une relation de confiance avec l'ensemble des acteurs économiques du territoire, y compris les dirigeants de Schneider.
Une politique de développement économique, comme celle dont Michel Gourinchas a la charge au niveau de la CDC, doit se mener à trois niveaux : 1) en préservant les activités existantes; 2) en développant les activités existantes; 3) en implantant des activités nouvelles. Si un territoire ne parvient pas à remplir la première condition, il aura beaucoup de mal à mener une action efficace sur les deux autres.
Or, le constat que je fais, c'est que le responsable économique de la CDC n'a pas su anticiper une décision qui s'inscrit pourtant dans une logique industrielle pour l'entreprise. Il aurait dû, en face du risque, engager le dialogue avec l'entreprise en amont; il aurait dû réunir autour d'une table l'entreprise, la CDC, le département et la région pour étudier les dispositions à prendre, y compris financières, pour préserver l'activité sur le territoire. Ou, le cas échéant, pour au moins négocier en amont avec l'entreprise les conditions à la fois économiques et humaines du transfert.
Recevoir a posteriori les syndicats, alors que la décision est déjà prise, c'est de la gesticulation.
Les responsables économiques de la CDC ont-ils, à un moment ou à un autre, avant la prise de décision voire immédiatement après dans le pire des cas, rencontré les responsables de l'entreprise ? A ma connaissance, non !
Pour moi, Michel Gourinchas, en tant que vice-président de la CDC en charge du développement économique, a, dans cette affaire, péché par méconnaissance du milieu économique. Je doute, malheureusement, que cela ne reste, dans l'avenir, sa seule bévue en la matière.
Monsieur Mouhot,
N'étant pas dans les arcanes de la CDC je ne saurais vous dire ce qui a été fait en amont ou pas. J'ai juste entendu dire (par des employés de Schneider) que Mr Gourinchas a eut un entretien téléphonique avec les responsables du groupe et qu'il y a une rencontre prévu avec la direction.
Quand à l'anticipation, si des rumeurs circulait c'était plutôt Limoges qui semblait dans le collimateur de la "logique industrielle" ; aucun élément tangible ne permettait d'imaginer que le site de Merpins serait touché (de par les récents investissements et la 1ère place du classement SPS de Schneider Europe notamment).
Il semble que tout le monde a été pris au dépourvu sur cette affaire, sauf vous même et Mr You apparemment.
Il est bien dommage que vous n'ayez pas prévenu les intéressés et la presse de votre intuition.
Annoncer la pluie après l'orage ne sers pas (plus) à grand chose.
Au delà des querelles politiciennes il me semble qu'il serait préférable de faire unité pour soutenir les 206 familles qui vont "morfler" pendant 2 ans.